Anis

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Genre french, chanson francaise, reggae, nouvelle scene francaise, jazz

Anis signifie « le compagnon », en arabe littéraire.

De cette langue, Anis a gardé le goût des mots, grâce à son père, révolutionnaire marocain, réfugié en France et médecin de campagne dans le Vexin français (Val d’Oise). Le goût des autres et de la société lui viennent de sa mère, émigrée russe de la deuxième génération, et assistante sociale dans les cités.

Né en 1977 à Pontoise, dans le 9-5, Anis a grandi en écoutant Tom Waits, les vieux bluesmen Bo Diddley et John Lee Hooker (Boogie Man), Billie Holiday, mais aussi Edith Piaf, et Colette Magny : « Elles ont apporté le blues en France, elles sont super rock n ‘roll ces dames-là ! » . Plus tard, à Cergy, il est fasciné par les rappeurs et rêve de faire des batailles de MC.

« J’ai pris conscience de ma voix à l’age de 5/6 ans. À l’école, on nous faisait faire du chant choral, j’aimais l’harmonie des voix, je ressentais un bien être physique à chanter en chœur. »

Anis quitte l’école à 17 ans, prend quelques cours de piano au CIM, avec option saxo, apprend la guitare en autodidacte, et joue dans divers groupes de Cergy (hip hop, reggae, punk). « La scène, c’est l’endroit où j’ai le droit de frimer, d’avoir tous les excès, d’être mégalo, ce que je ne peux pas être dans la vie…( Sinon je serais un c…) ».

Anis est lucide, malgré le milieu confortable dans lequel il a grandi, il aurait pu mal tourner.

LE METRO

Anis débarque à Paris, habite dans une chambre de bonne, et devient intérimaire, « intérimeure » comme il dit. Il fait tous les métiers en « eur », serveur, plongeur, déménageur… Puis en découvrant un plan du métro, décide de faire le « busker », (saltimbanque en Anglais). Il prend sa guitare et chante dans le métro comme on va au boulot : « Cela m’a permis de me revaloriser. Un jour, un mec en costume, un libéral, avec sa mallette, m’a fait un chèque de 1000Frs ». Plus question alors de faire marche arrière. Dans le métro, il voit les affiches : « Tété se présente à l’Elysée Montmartre ». « J’aimais beaucoup ce gars-là, ça me faisait envie, je voulais faire comme lui ».

Dans le métro, Anis est repéré. On lui propose d’enregistrer une maquette. À l’automne 2003, la maquette circule et les chansons passent en radio. ( La maquette circule et arrive dans les couloirs de France inter, les émissions et la programmation l’adoptent illico). Il fera la première partie de Tété à l’Olympia en Mai 2004… Fort de cette carte de visite, Anis part à l’assaut des maisons de disque.

LE STUDIO

Un après-midi de Mai 2005, le rêve se réalise. Anis est au studio Gang à Paris. Studio mythique où les murs sont décorés des disques d’or de Michel Berger, Véronique Sanson, et aussi Teri Moïse et Tété… « Les disques d’or, ça me fait tripper ! » Anis y enregistre son premier album.

Mitch Olivier est à la console et dirige les séances. Il a travaillé avec Bashung, Les Rita Mitsouko, et aussi dans le hip-hop, il a tout de suite compris l’univers d’Anis : « Entre nous c’était comme chat et chat ! J’ai voulu conserver le côté minimaliste pour qu’on retrouve Anis, et lorsque j’écoute l’album, je vois sa tête ! » dit-il.

Mitch a fait le casting, il a appelé les musiciens comme on commande une pizza : André Villéger à la clarinette, Jean-claude Ghrenassia à la contrebasse, Le Baron à la guitare, Roland Romanelli à l’accordéon, Monique Pierrot à l’onde Martenot et une section rythmique solide …

Entre deux prises de voix, Anis, le crooner, boit du lait : «Parce que le lait adoucit la voix, contrairement au miel qui l’engourdit et qui n’agit vraiment que quelques heures après. »

AVEC LE VENT

Anis raconte son histoire en 13 chansons. L’album est chaloupé, dansant, mélancolique. Tout l’univers d’Anis est dans ce disque : clarinette et piano-bastringue pour la nostalgie, harmonica frénétique et guitares nerveuses pour souligner ses formules lapidaires, et des chœurs gospels pour flatter son côté crooner, car Anis pratique aussi bien l’autodérision que l’autobiographie, avec des clins d’œil permanents au blues :

« Il n’y a pas de blues pur et dur dans mon album, mais mon rêve est de m’en approcher. Je ressens le blues dans mon âme. Quand je vois à la TV des reportages sur les femmes algériennes, je pleure, et je pense à l’histoire de nos parents, même si je n’écris pas directement sur ces sujets. Le blues, c’est l’histoire des noirs aux Etats-unis, et c’est aussi un peu la nôtre, l’histoire des émigrés et des enfants d’émigrés. C’est une musique de lutte pour l’existence. Par mes origines, je suis né avec le spleen que mes parents m’ont transmis. »

À la fois, timide, et désinvolte, Anis, le compagnon, est arrivé avec le vent. Avec le vent, toutes les cultures finissent par se mélanger.

Avec le vent, tous les petits papiers sur lesquels il a écrit des bouts de phrases depuis des années ont fini par faire des chansons. Titi parisien, « rebeu » d’ici, Anis, le compagnon, pense toujours aux bars du 18 ème arrondissement de Paris, au métro, à la solidarité, au soleil de la butte, et il a toujours le vent comme complice…

Isabelle Dhordain, Paris le 26 Juin 05


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